Une École Un Avenir

Réponses en intégralité de la liste de Max Müller pour Révolution Permanente


1. Responsabilité de l’État et position de la commune

Il y a un an, le Collectif des Associations pour le Logement a engagé une action contre l’État pour non-assistance à personnes mal logées, afin de rappeler le caractère fondamental du droit à l’hébergement et au logement.

– Partagez-vous le constat d’une carence grave de l’État dans l’application du droit à l’hébergement d’urgence et au logement, en particulier pour les familles avec enfants ?

– Vous engagez-vous à interpeller publiquement l’État et à soutenir toute action visant à faire reconnaître juridiquement ses responsabilités ?

La situation de mal-logement est structurelle et s’aggrave d’année en année à Montpellier et sur tout le territoire, le nombre de personnes à la rue a plus que doublé entre 2012 et 2025. 350 000 personnes sont sans domicile en France (Fondation pour le logement des Défavorisés) et 3000 personnes sont à la rue à Montpellier dont de nombreux enfants, en comptant également les personnes en bidonvilles.

Le sans-abrisme revêt des réalités multiples et nous devons prendre en compte toutes les singularités et en particulier leurs vulnérabilités, notre combat est de défendre un toit pour tous et toutes. Notre liste municipale est composée de nombreux travailleurs sociaux qui voient chaque jour ces carences de l’Etat et de la municipalité et l’absence de réponse pour les personnes qui sont sans hébergement et sans logement et constatent le non-respect depuis des années de l’article L.345-2 du code de l’action sociale et des familles qui stipule que toute personne en situation de détresse psychique, physique et morale en France a le droit à la protection et à la mise à disposition d’un hébergement d’urgence afin de pouvoir subvenir à ses besoins vitaux. Nous défendons l’idée que l’arsenal juridique aujourd’hui ne protège pas les personnes de notre camp social, et qu’il devient même de plus en plus répressif envers les personnes précaires. Ainsi, se placer sur la défense juridique, qui peut être un outil intéressant, ne suffit pas. Il peut être efficace dans la mesure où il s’inscrit dans un rapport de force plus large, dans une mobilisation de personnes concernées, de travailleurs du secteurs, d’associations et mouvements plus larges.

Sur la question du découpage de compétences entre l’Etat et la mairie sur la question de l’hébergement et de logement : pour nous, elle est surtout un prétexte pour ne pas s’impliquer – révélateur d’une certaine hypocrisie. Même les institutions ayant ces compétences ne le font pas, montrant que l’ensemble de la classe dirigeante gouverne au service du patronat et des multipropriétaires.

Les collectivités peuvent ouvrir des lieux, peuvent financer du logement et de l’hébergement, par exemple, les millions d’euros injectés dans des projets tels que MedVallée ou encore Cambacérès montrent que la mairie fait des choix qui sont ceux de développer des quartiers d’affaires, d’attirer des populations qui ont plus de moyens et de laisser par ailleurs une personne mourir de froid dans les rues de Montpellier.


2. Rôle et moyens du CCAS

Quels moyens humains, organisationnels et budgétaires accorderez-vous au CCAS afin de garantir :
● qu’une famille avec enfant en situation de rue puisse accéder sans délai à un·e référent·e clairement identifié·e, habilité·e à déclencher les démarches de mise à l’abri et d’accompagnement ;
● que les familles menacées de perte imminente de logement puissent bénéficier d’un accompagnement social renforcé (prévention des expulsions, accès aux droits, accompagnement administratif).
Merci de préciser le nombre de postes dédiés, le budget annuel et les délais d’intervention visés.

Pour nous la question va au-delà de quel budget allouer au CCAS ou à toute autre institutions ou équipement municipal. Tout d’abord, le CCAS n’est pas l’acteur institutionnel de première ligne qui pourra induire un rapport de force avec l’Etat, ce sont bien les travailleurs sociaux (du CCAS et associatifs), acteurs militants et personnes concernées, par eux-mêmes qui pourront le faire comme on l’a vu avec les mobilisations devant la mairie et dans les écoles. Aussi, donner de l’argent à une institution sans élément de contrôle par les travailleurs et les usagers donnera le résultat de la situation actuelle: les familles sont hébergées par la mairie, et après ? Pour combien de temps en temps de restrictions budgétaires? Avec quel accompagnement social ? Comment attendre des solutions de la part d’une institution qui représente une mairie elle-même responsable d’expulsions (bidonvilles, squats de la Pompignane, squats…) ?

La mise en place de véritables accompagnements vers et dans l’hébergement et le logement est effectivement nécessaire. Aujourd’hui nous observons une baisse effrayante du nombre de travailleurs sociaux, voire même la fermeture simple et définitive de services et d’associations comme AREA ou le centre de santé Human Santé en raison des coupes budgétaires. Pour nous, les choix financiers sont politiques, plutôt que de verser des milliers dans les quartiers nouveaux d’affaires ou encore dans des brigades comme la GSRI (qui sont dans les logements sociaux), l’argent devrait être affecté à l’accompagnement social pour que les personnes qui en ont besoin puissent être accompagnées et que les travailleurs puissent faire leur travail dans des conditions dignes.


3. Mise à l’abri immédiate et inconditionnelle des familles avec enfants

Vous engagez-vous, en cas de carence de l’État, à garantir la mise à l’abri immédiate, inconditionnelle et digne de toute famille avec enfant(s) à la rue sur le territoire de la commune ? Quels moyens concrets (lieux mobilisés, effectifs, partenariats, budget annuel) comptez-vous y consacrer ?

La crise du logement est quotidienne et structurelle, il y a chaque jour des personnes qui dorment à la rue. Ce que nous défendons ce ne sont pas des mesures qui viendraient pallier ici à un système d’hébergement à bout de souffle et à une problématique de logement énorme. Il faut s’attaquer à l’ampleur du problème du logement qui lie inertie de l’Etat qui fait ses choix politiques en votant un budget austéritaire et mainmise de logiques spéculatives et immobilières qui enrichissent une poignée de multipropriétaires. Les politiques municipales viennent favoriser ces logiques en versant des millions d’euros pour des projets immobiliers et derrière on nous fait croire que ça coûte trop cher de loger dignement tout le monde. Des mesures aussi minimales que les ouvertures de gymnase, pour des mises à l’abri, sont trop souvent tardives et se font dans des conditions indécentes sans perspective de bascule vers des solutions plus pérennes.
Nous défendons la réquisition des logements vides, afin de pouvoir mettre à l’abri dignement toutes les personnes qui en ont besoin. Nos propositions sont les suivantes :

Réquisition des logements vides , bureaux inutilisés : plus de 13 000 logements sont vides selon l’INSEE à Montpellier, réhabilitons-les en logements sociaux dignes. Ces réquisitions permettent de répondre à des besoins urgents, que ce soit les personnes à la rue, les personnes à l’hôtel dans des conditions indécentes, les femmes victimes de violences qui ne peuvent pas partir à cause de l’absence d’hébergement, les jeunes sortants d’ASE qui se retrouvent mis dehors du jour au logement, les jeunes en attente de reconnaissance de minorité ou encore les étudiant.es qui par milliers galèrent tous les ans à trouver des logements.

Encadrement des loyers, blocage et réévaluation des loyers pour faire baisser la pression sur les classes populaires et permettre à tout le monde d’accéder à un logement personnel.

La régularisation de tous les sans-papiers, ce qui faciliteraient grandement la mise à l’abri et le relogement des personnes qui n’ont pas accès à de nombreux dispositifs et notamment au logement social.

Vous engagez-vous, le cas échéant, à engager un recours contre l’État afin d’obtenir le remboursement des dépenses supportées par la commune du fait de ses carences ?

Pour nous les moyens de droit sont des outils utiles lorsqu’ils sont portés aussi par un rapport de force important que ce soit avec l’Etat ou n’importe quelle institution.



4. Plan municipal pour qu’aucune famille avec enfant ne vive à la rue

Vous engagez-vous à présenter, dans la première année du mandat, un plan municipal structuré pour qu’aucune famille avec enfant ne vive à la rue sur le territoire de la commune ?
Quels seront les objectifs chiffrés, les moyens financiers mobilisés et le calendrier de mise en oeuvre ?

Notre plan municipal prévoit donc en priorité d’organiser des comités de travailleurs/travailleuses, conjointement avec les bénéficiaires des dits services, dans un cadre d’auto-organisation en se basant sur ce qui est “nécessaire” et non ce qui est “possible”. Nous défendons un plan d’investissement massif dans les services sociaux et services publics et l’arrêt donc des aides au patronat :
L’embauche massive et la titularisation : contrairement à la logique de rentabilité qui sature les services sociaux et de santé, nous exigeons un plan de recrutement massif de travailleur·euses sociaux, d’infirmières et de personnels soignants. Pour garantir un accompagnement de qualité, nous défendons la titularisation immédiate de tous les personnels précaires et l’indexation des salaires sur l’inflation. On ne peut pas “accompagner” les personnes précaires avec des agents sous-payés et en sous-effectif chronique.
L’absence d’expulsion de logement et des hébergements . Cela demande à la fois de bloquer les expulsions dans le privé mais aussi de mener une véritable politique de définition des règles des lieux d’hébergement qui pour nous doivent être fait par et pour les personnes qui y vivent.



5. Protection des enfants scolarisés et continuité de l’hébergement.

Partagez-vous le principe selon lequel aucun enfant scolarisé dans la commune ne doit dormir à la rue ?

En situation d’urgence, quelle est votre position concernant l’utilisation transitoire de bâtiments municipaux (écoles, gymnases, autres équipements) afin d’assurer une mise à l’abri immédiate des familles ? Quelles solutions garantirez-vous pour que ces mises à l’abri temporaires débouchent systématiquement sur des solutions stables ?

Tout enfant, même non scolarisé ne doit pas dormir à la rue ou dans des conditions indignes. Que des associations ou collectifs occupent des lieux comme les écoles ou d’autres équipements pour y faire dormir des personnes en engageant un rapport de force avec les institutions est une chose.
En revanche, nous sommes pour des solutions d’urgence de qualité. Pour ce qui est des mises à l’abri temporaire, elles sont souvent le fruit d’un rapport de force important, comme celui que vous avez pu mener ces dernières années ou encore des batailles importantes du milieu associatif et du secteur social. Aujourd’hui nous voyons que nous sommes dans une impasse de ce système qui trie de manière scandaleuse qui mérite ou non d’avoir un toit sur sa tête. I

l existe effectivement des solutions transitoires. A Montpellier, la mairie en est à l’initiative, avec les financements de l’État, d’une mise à disposition d’hébergement d’urgence dans des habitats que nous appelons habitats intercalaires. Il s’agit à la base d’une préemption par la mairie ou une autre institution de bâtiments vides voués à être détruits ou reconstruits avec de nouveaux projets. Dans l’attente de ces grands travaux, ces bâtiments sont mis à disposition d’associations pour pouvoir héberger des personnes à la rue. Mais ces bâtiments sont souvent vétustes, insalubres et nécessitent de gros travaux. Par exemple, l’ancien EHPAD des Violettes (préempté pour en faire un habitat intercalaire) n’a pas de chaudière suffisante pour pouvoir chauffer toutes les pièces pour une centaine de personnes qui habitent sur les lieux. Les conditions d’hébergement sont donc drastiques et insuffisamment sécurisantes. Également, nous questionnons la dotation en termes d’accompagnement social sur ces lieux d’habitation. Les personnes concernées par les hébergements en habitats intercalaires sont souvent des personnes qui ont besoin d’un accompagnement social extrêmement présent et la dotation dans les budgets par l’État est très insuffisante.

D’après plusieurs travailleurs sociaux dont nous avons recueilli les témoignages, lorsque la mairie évoque qu’elle a sorti de la rue 500 personnes en 2025, elle fait allusion à ces hébergements intercalaires. La réalité sous-jacente de ces hébergements est que souvent les règlements intérieurs sont extrêmement durs ; les personnes ne sont pas associées à la rédaction de ces règlements intérieurs, les conditions de vie ne sont pas adaptées aux situations des personnes et souvent, du coup, les gens font le choix de quitter ces hébergements et de repartir soit à la rue, soit dans des squats, soit dans leur bidonville. La question n’est pas seulement le nombre de places créées, la question est donc aussi l’accompagnement alloué à ces hébergements et la prise en compte des besoins des habitants. Avec Révolution Permanente, nous défendons la capacité d’agir et d’autodétermination des personnes concernées. Nous pensons que ce n’est pas aux politiciens professionnels de choisir à la place des gens.




6. Coordination entre l’État, le Département, la Métropole et la Commune

Quels dispositifs concrets mettrez-vous en place afin d’ assurer la continuité de la prise en charge des familles avec enfants entre les différents échelons (État, Département, Métropole et commune), notamment dans les situations suivantes :
● fin ou rupture de dispositifs d’hébergement,

● attente ou renouvellement de titres de séjour,
● familles déboutées du droit d’asile,
● changements de situation administrative impactant l’accès à l’hébergement ?
Merci de préciser les instances de coordination prévues, leur fréquence et les services responsables.

Pour nous l’hébergement et l’accès au logement social doit être inconditionnel. C’est pour cela que nous défendons la régularisation de tous les sans papiers qui permet aux personnes d’accéder à des hébergements et logements quelle que soit leur situation administrative. Nous pensons d’ailleurs que de nombreuses personnes ne seraient pas dans des situations aussi précaires dans des hôtels, coincées autant d’années si elles étaient régularisées. Cela désengorgerait le secteur de l’hébergement d’urgence. Par ailleurs, nous sommes bien conscients que pour obtenir de tels changements, il faut un mouvement social massif. La continuité et la stabilité des hébergements est inscrite dans la loi mais est de moins en moins respectée à Montpellier et de plus en plus de personnes se retrouvent mises dehors sans proposition. Cela montre encore que ce sont les questions financières et de budget qui priment et notamment les restrictions budgétaires. Ces coupes budgétaires résultent de choix de priorité en termes de financements, on voit ainsi les budgets de l’armée augmenter alors que l’éducation, la santé et le social se font sabrer. C’est pour cela que nous défendons des investissements massifs dans les services publics.



7. Accès prioritaire au logement social pour les familles sortant de la rue.

Comment garantirez-vous un accès prioritaire et effectif au logement social pour les familles avec enfants sortant de la rue ou de l’hébergement d’urgence ? Quels objectifs chiffrés annuels de relogement fixerez-vous pour ce public ? Quelle part des logements très sociaux sera fléchée vers ces familles ?

Pour nous, l’accès doit être inconditionnel. A ce jour les critères de priorité sont opaques et se font en fonction de l’existant et non des besoins quand ce ne sont pas des considérations racistes qui excluent une partie de la population de l’accès à un logement social. Les divisions de prise en charge entre l’Etat, la mairie et le département sont une hypocrisie et une manière de ne pas poser la question concrète de ce qu’on fait pour répondre aux besoins réels de logement et d’hébergement. Aujourd’hui, on voit que la tendance est à l’inverse. Le Sénat a adopté la proposition de loi CHOC (loi visant à « Conforter l’Habitat, l’Offre de logements et la Construction ») sur le logement, qui s’attaque frontalement aux classes populaires en restreignant l’accès aux HLM et en facilitant les expulsions.

Face à cette offensive sociale, il est urgent de se mobiliser pour la réquisition des logements vides, la baisse et le blocage des loyers. Ce texte constitue une offensive majeure pour le droit au logement des plus précaires, avec un arsenal visant à durcir l’accès des classes populaires aux logements sociaux et à élargir les procédures d’expulsion des « squatteurs ». À l’initiative d’élus LR, cette loi, aggravant encore les mesures anti-pauvres proposées en 2020 par Guillaume Kasbarian dans son offensive contre le logement social, fait le choix de protéger une fois de plus les propriétaires, promoteurs et investisseurs immobiliers, en tapant sur les plus précaires. Une autre mesure phare de cette offensive consiste à donner aux maires un pouvoir quasi discrétionnaire sur l’accès au logement social. En leur accordant un droit de veto « motivé » sur les attributions, tout en allégeant les sanctions contre les communes hors-la-loi sur les quotas HLM, le texte leur permet de trier les locataires selon leurs critères politiques et sociaux.


8. Production de logements réellement accessibles aux familles précaires

Vous engagez-vous à augmenter la part de logements très sociaux dans les opérations soutenues ou portées par la commune ? Comment garantirez-vous l’adéquation des logements produits avec les besoins réels des familles (taille des logements, niveau de loyers, localisation, accès aux écoles, aux transports et aux services) ?

Nous défendons effectivement un plan massif d’investissement dans le logement social, la réquisition des 13 000 logements et leur réhabilitation en fonction des besoins qui sont partiellement connus des services sociaux (SIAO). Nous savons aujourd’hui qu’il manque des logements pour des familles nombreuses. Pour obtenir de telles avancées, il est essentiel d’organiser des comités réunissant travailleurs, travailleuses, usagers et usagères, qui sont les plus à même de définir ces politiques à l’opposé de ce qui se fait aujourd’hui.



9. Mobilisation du parc existant et lutte contre la spéculation

Quelles actions engagerez-vous pour mobiliser le parc privé vacant ou sous-occupé au bénéfice de familles avec enfants en grande précarité ? Quelles mesures comptez-vous prendre pour limiter l’impact des locations de courte durée de type Airbnb sur l’accès au logement des familles ?

Nous défendons la réquisition des logements, bâtiments vides qui sont estimés à au moins 13 000 et proposons l’encadrement et la baisse des loyers afin de faire baisser la pression immobilière. Aujourd’hui 3 appartement sur 4 appartiennent à des multipropriétaires. Ces logements sont laissés vides pour spéculer et faire pression sur les loyers à la hausse. La
réquisition nécessaire des logements vides demandera de s’attaquer à cette logique de marché et aux multipropriétariat.



10. Suivi, transparence et participation des associations.

Vous engagez-vous à mettre en place un comité de suivi associant les collectifs et associations intervenant auprès des familles à la rue, dont le collectif Un Toit, Un Avenir ? Vous engagez-vous à publier chaque année un bilan des actions municipales en matière de mise à l’abri et de relogement des familles avec enfants ?

Nous pensons que le secteur social (ainsi que l’éducation et l’ensemble des services publics et des secteurs stratégiques comme l’eau ou l’électricité) doit être géré par les travailleur·euses sociaux et les usager·es. Cela pourrait se faire dans le cadre de comités d’habitants et de travailleurs qui recensent les besoins réels et prennent les décisions et ont tout le pouvoir pour les appliquer. C’est le travail que nous portons avec Révolution Permanente et la liste menée par Max Muller, 100% composée de travailleur·euses, d’étudiant·es, de privé·es d’emploi, et 0% de politiciens professionnels au service des plus riches.