Une nouvelle adjointe à l’Education
Deuxième mandat pour le maire. Deuxième mandat également pour Tasnime Akbaraly qui récupère le portefeuille de l’Education en plus de celui de la Petite enfance. Accueillie dans ses fonctions par une actualité brûlante, comment agira celle qui se targue ne n’être pas une “professionnelle de la politique” ?

Avec la recomposition récente de l’exécutif municipal, Tasnime Akbaraly se voit confier un périmètre élargi, en récupérant le portefeuille de l’éducation en plus de celui de la petite enfance, qu’elle occupait déjà lors du précédent mandat de Michaël Delafosse.
Il s’agit pour elle d’un second mandat, dans une forme de continuité. Sur la petite enfance, les retours sont globalement positifs, et son action y est plutôt bien perçue. Cette nouvelle délégation à l’éducation marque toutefois un changement d’échelle, avec des enjeux autrement plus exposés, tant politiquement que médiatiquement.
Car la nouvelle adjointe revendique un profil atypique : chercheuse de profession, elle insiste sur le fait de ne pas être une “professionnelle de la politique”. Une position qui interroge néanmoins sur la capacité à structurer des équipes solides et à s’entourer de compétences adaptées, dans un domaine aussi exigeant que l’éducation. Elle rappelle également être directement concernée, en tant que mère de deux enfants scolarisés dans les écoles montpelliéraines.
Mais cette proximité revendiquée est aussi mise à l’épreuve. Son début de mandat est déjà marqué par des critiques sur sa communication, notamment de la part de parents impliqués, de près ou de loin, dans l’affaire de l’animateur accusé d’agressions sexuelles. Sur ce sujet sensible, l’attente de clarté et de réactivité reste forte — et la communication ne peut être à sens unique : elle suppose aussi une capacité réelle d’écoute des familles concernées.
Au-delà de ces premiers éléments, c’est aussi l’ampleur du périmètre confié qui interroge. Regrouper la petite enfance et l’éducation représente deux politiques publiques majeures, chacune exigeant un pilotage fin et une forte présence. Nous regrettons d’ailleurs que cette délégation ait été reléguée au quatrième rang protocolaire, alors que lors du précédent mandat, sa titulaire occupait également la fonction de première adjointe. Ce début de mandat est, à cet égard, marqué par un signal politique fort : celui d’un déclassement relatif des questions éducatives, au profit d’autres priorités, notamment la sécurité.
Personnalité engagée par ailleurs dans la vie culturelle locale — elle est notamment membre d’une fanfare des Beaux-Arts —, elle incarne un profil singulier dans le paysage politique montpelliérain.
Nous prendrons attache avec elle dans les prochaines semaines. D’ici là, une attente demeure : que cette nouvelle responsabilité puisse être exercée avec toute la disponibilité et l’efficacité qu’exigent des sujets aussi sensibles que l’école, la protection des enfants et le lien de confiance avec les parents — un lien qui, qu’on le veuille ou non, relève pleinement du politique.