Fortes chaleurs à Montpellier : des mesures annoncées, mais des conditions toujours insuffisantes pour enfants et agents
Communiqué de presse
Montpellier, le 28 mai 2026
À l’approche d’un nouvel épisode de fortes chaleurs, notre collectif appelle à des mesures immédiates, concrètes et vérifiables pour garantir des conditions d’accueil dignes pour les enfants comme pour les agents dans les écoles de Montpellier.
Une mobilisation déjà engagée, y compris devant le juge
Nous avons saisi à deux reprises la justice en référé-liberté face aux conditions d’exposition à la chaleur dans les écoles.
Il nous a été opposé que des délais techniques — supérieurs à 48 heures — étaient nécessaires pour réaliser les aménagements permettant de protéger efficacement les élèves et les personnels.
Cette réponse confirme surtout une réalité : sans anticipation, aucune protection efficace n’est possible.
Nous reprendrons ces démarches si nécessaire.
Notre association poursuit par ailleurs un travail de recueil systématique des témoignages de parents, d’agents et d’enseignants.Ces remontées de terrain, nombreuses et concordantes, permettent de documenter précisément les situations vécues dans les établissements et de nourrir un dialogue fondé sur des éléments concrets et objectivables.
Contactez-nous par mail : asso@1ecole1avenir.fr

Des annonces réelles… mais un écart persistant avec le terrain
La Ville met en avant des actions engagées depuis 2023 : rénovation thermique, végétalisation, équipements en ventilateurs, création de salles rafraîchies, investissements de plusieurs millions d’euros.
Ces efforts existent. Mais sur le terrain, les situations constatées restent préoccupantes.
L’an dernier, 38°C avaient été relevés à l’école Chaplin !
Aujourd’hui encore, les remontées sont sans équivoque :
« À 8h du matin, il fait déjà 30 à 31°C dans certaines classes (…) jusqu’à 32°C dans d’autres bâtiments. Une seule salle rafraîchie pour près de 300 élèves. »
« Nous avons une salle climatisée bloquée à 27°C pour 12 classes. D’après plusieurs enseignants, il y fait déjà plus que les 27 degrés régulés à distance par la mairie. »
Un enseignant témoigne : « On vient de recevoir les recommandations pour la canicule (…) et comme à chaque fois on nous demande juste d’être vigilants, sans que rien réellement ne soit fait. Personne ne vient constater sur place les conditions. »
Ces écarts interrogent non pas les intentions, mais l’efficacité réelle des dispositifs actuels.
Des dispositifs encore insuffisants
Une salle rafraîchie par établissement ne permet pas de répondre aux besoins lorsqu’elle concerne plusieurs centaines d’élèves.
Les ventilateurs ou adaptations ponctuelles ne suffisent pas face à des températures qui dépassent durablement les seuils acceptables.
Par ailleurs, certains projets annoncés — notamment de végétalisation — restent à l’arrêt dans plusieurs écoles, dont Morisot et Diderot.
Rendre la situation objectivable : une mesure simple et immédiate
Aujourd’hui, un problème majeur demeure : l’absence de transparence sur les températures réellement subies dans les classes.
Nous demandons que soient rendus obligatoires et officiels, dès le niveau alerte jaune canicule :
- le relevé des températures dans chaque classe, à 8h30 et 13h30
- leur affichage visible à l’entrée de l’école
- leur consignation dans le registre RSST
Cette mesure est simple, rapide à mettre en œuvre, et permettrait :
- d’informer objectivement les parents
- de documenter les conditions réelles de travail et d’apprentissage
- d’adapter les décisions sur des bases concrètes
Cette mesure doit s’appliquer dès le niveau de vigilance jaune canicule, tel que défini par Météo-France.
Ce niveau correspond déjà à un signal de risque, qui appelle à la vigilance et à l’anticipation, en particulier pour les publics les plus vulnérables.
Attendre un passage en vigilance orange revient, dans les faits, à intervenir lorsque les conditions sont déjà fortement dégradées dans les classes.
Des impacts sanitaires bien connus
Les fortes chaleurs affectent directement :
- les capacités d’apprentissage des enfants
- la santé et les conditions de travail des agents et enseignants
Avec des effets tels que :Avec des effets tels que :
• déshydratation
• fatigue
• troubles de l’attention
• malaises,
• coups de chaleur, qui peuvent dans les cas les plus graves engager le pronostic vital
Ne pas opposer écologie et protection
Nous tenons à le dire clairement : l’écologie ne peut pas être invoquée pour justifier l’inaction.
Dans aucun autre domaine on n’accepterait :
- de ne pas protéger des denrées sensibles de la chaleur
- de renoncer au chauffage en hiver
Il est possible — et nécessaire — de concilier adaptation climatique, sobriété énergétique et protection des personnes.
Une adaptation désormais incontournable
La réalité s’impose à tous : les épisodes de chaleur se multiplient et s’intensifient.
L’école ne peut pas devenir inadaptée dès la fin du printemps.
L’année scolaire ne peut pas, de fait, s’interrompre au mois de mai.
Un enjeu de responsabilité collective
Garantir des conditions d’accueil acceptables n’est pas une exigence excessive.
C’est une responsabilité envers les enfants, les agents et l’ensemble de la communauté éducative.
Nous appelons la Ville de Montpellier et l’État à renforcer, rendre visibles et rendre effectives les mesures annoncées.
Notre collectif restera mobilisé, de manière constructive et déterminée, pour que ces enjeux soient traités à la hauteur de leur importance.
Notre association poursuit par ailleurs un travail de recueil systématique des témoignages de parents, d’agents et d’enseignants.
Ces remontées de terrain, nombreuses et concordantes, permettent de documenter précisément les situations vécues dans les établissements et de nourrir un dialogue fondé sur des éléments concrets et objectivables.
Contactez-nous par mail : asso@1ecole1avenir.fr