Canicule dans les écoles : nous saisissons le juge pour protéger les enfants
Communiqué de presse
Montpellier, le 29/06/2025
Alors que la canicule s’installe à Montpellier avec des températures dépassant les 33 °C dans plusieurs établissements scolaires, nous avons déposé ce hier une requête en référé-liberté devant le tribunal administratif de Montpellier pour exiger des mesures concrètes et urgentes de la part de la mairie de Montpellier et de l’État.
Face à l’inaction, nous demandons au juge de garantir le droit à la santé, à la dignité et à une éducation sécurisée pour les enfants contraints de fréquenter des écoles transformées en étuves.
Des températures dangereuses, des enfants piégés
Depuis plusieurs jours, les parents alertent : les températures en classe atteignent 33 à 35 °C en début d’après-midi, et même jusqu’à 38°C (école élémentaire Freud et école maternelle Chaplin). Les équipements proposés sont très nettement insuffisants. Les filtres UV aux fenêtres, les rideaux occultants, les ventilateurs plafonniers ou encore un unique climatiseur mobile pour l’ensemble de l’école ne permettent pas de maintenir la température des classes à des températures compatibles avec l’accueil des enfants. Aucune mesure générale n’a été annoncée par la municipalité. Parfois, des recommandations floues, comme garder les enfants à la maison sont laissées à l’appréciation des directions d’école.
Pire encore : les familles qui choisissent de protéger leurs enfants en les gardant chez elles sont sanctionnées. À Montpellier, un enfant retiré de l’école en raison de la chaleur reste facturé pour le repas du midi, et des pénalités sont appliquées pour absence non anticipée.
Une réponse nationale qui élude ses responsabilités
Interrogée ce midi au micro de France 3, la Première ministre Élisabeth Borne a déclaré :
« Ce n’est pas à la rue de Grenelle de régler le sujet. »
« Tout doit se faire en coordination avec les préfets. »
Elle a par ailleurs critiqué les maires qui prendraient seuls des décisions de fermeture, au motif que cela « mettrait les parents en difficulté ».
Ce positionnement est alarmant : en prétendant que l’État n’a pas à agir, le gouvernement se défausse de sa responsabilité, et laisse planer une grande confusion. En l’absence de directives claires, les familles se retrouvent seules face à un dilemme intenable : exposer leurs enfants à des conditions dangereuses, ou s’absenter de leur travail pour les garder chez eux.
Déléguer la décision aux familles : une charge injuste et inacceptable
Laisser aux parents la charge de décider de retirer ou non leurs enfants de l’école en période de canicule est profondément problématique sur le plan éthique et politique.
Cela revient à faire peser sur eux la responsabilité de compenser l’inaction de l’État et des collectivités, alors même que les enfants sont soumis à l’obligation scolaire et que les familles n’ont ni les moyens ni les informations sanitaires nécessaires pour évaluer les risques.
Ceci n’est pas acceptable. La protection des enfants en milieu scolaire relève d’une responsabilité publique, qu’aucun pouvoir ne peut esquiver.
Une action en justice fondée sur l’urgence sanitaire et les droits fondamentaux
Notre requête s’appuie sur l’article L. 521-2 du code de justice administrative, qui permet au juge des référés d’ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d’une liberté fondamentale gravement et manifestement violée, en situation d’urgence.
Nous invoquons notamment :
- le droit à la santé et à l’intégrité physique (art. 3 Charte des droits fondamentaux de l’UE, art. 8 CEDH),
- le droit à une éducation digne (Préambule de 1946, Convention internationale des droits de l’enfant),
- le principe de précaution et l’intérêt supérieur de l’enfant,
- ainsi que la jurisprudence de la Cour administrative d’appel de Nancy, qui a reconnu qu’un établissement scolaire surchauffé pouvait être considéré comme “impropre à sa destination” (CAA Nancy, 18 avril 2017, n° 16NC00246).
Ce que nous demandons
Nous demandons au juge :
- d’ordonner des mesures concrètes et équitables : ventilation, aménagements d’horaires, protocoles sanitaires, information des familles, suspension temporaire si nécessaire ;
- de mettre fin à la carence manifeste des autorités locales et nationales ;
- de reconnaître que le droit à l’éducation ne peut s’exercer au prix de la santé des enfants.
📣 Nous refusons de choisir entre scolarisation et protection. Les enfants ne doivent pas être les oubliés de la crise climatique.
Contact presse :
[Murielle KOSMAN] 06 60 68 88 74 / 06 10 79 40 65
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